14 février 2008

Pourquoi abolir les commissions scolaires ?

J'ai envoyé un court texte à Cyberpresse et voilà que l'ami Christian - qui dit "faire du Clément" - me somme de le publier sur mon blogue.  Logique !

--

Pourquoi abolir les commissions scolaires ?

Je suis avec intérêt, à distance, le débat concernant l'abolition des commissions scolaires. Je suis actuellement en France, où je développe depuis trois ans la filiale européenne de De Marque (entreprise située à Québec) dans le domaine des contenus numériques et technologies scolaires. Il faut comprendre qu'en France, en plus de se targuer d'être décentralisés dans leur nature, les écoles primaires relèvent des mairies, les collèges relèvent des conseils généraux et les lycées relèvent des conseils régionaux, trois structures administratives et politiques distinctes.

Ce n'est pas tout ! Ces entités administratives gèrent à peu près tout sauf la pédagogie, qui relève des Académies et de leur rectorat, une autre entité. Un directeur d'école ne peut donc pas «intervenir» dans son équipe pédagogique — les enseignants — ceux-ci relevant, d'un point de vue hiérarchique, des inspecteurs académiques! Vous pouvez vous imaginer les chicanes intestines lorsqu'il faut faire fonctionner un projet sur tous les plans. J'ai participé à plusieurs projets dans lesquels on obtient un financement de la région, mais «le pédagogique» ne suit pas ou vice-versa.

Inutile de vous dire que les Français envient le modèle québécois — simple et clair — des commissions scolaires. Elles permettent à des projets régionaux spécifiques et variés d'émerger dans des structures qui sont dédiées à 100% à l'éducation, en disposant tant de la gestion des moyens que de la pédagogie! De plus, elles permettent de mutualiser des expertises au niveau de plusieurs établissements, services que ne pourraient s'offrir seuls les établissements.

Les municipalités en ont déjà plein les bottes et, de l'extérieur, elles semblent déjà avoir de la difficulté à administrer leur complexité. Il m'apparaît aussi qu'elles ne pourront pas bénéficier de pouvoirs pédagogiques. Améliorer, voire réinventer les commissions scolaires, oui, mais pourquoi vouloir les supprimer alors qu'elles sont efficaces et qu'elles font l'envie d'autres pays ?

17 janvier 2008

Marathon de Paris : entraînement lancé !

Ça y est, mon programme d'entraînement pour le marathon de Paris est lancé.  Ce sont plus de 55 km de jogging par semaine durant les deux ou trois prochains mois avec la pièce maîtresse du dimanche, une course hebdomadaire d'au moins 23 kilomètres au Parc Montsouris.  Je partagerai ici quelques expériences à ce chapître, notamment pour m'auto-motiver !  La prochaine étape pourrait être le Marathon du Médoc en septembre 2008, sous réserve d'un certain nombre d'éléments à valider !  À suivre...  et je vous reparlerai d'ailleurs de ce fameux marathon du Médoc.

10 mai 2007

Michael Furdyk à la conférence de l'AAESQ

Ce matin avait lieu la pré-conférence du colloque de l'Association of Administrators of English Schools of Québec prononcée par Michael Furdyk.  Michael est le fondateur de TakingITGlobal, une organisation de 300 000 membres vouée à réseauter les jeunes du monde entier dans le but de les impliquer dans des projets pour améliorer leurs communautés locales et la communauté globale.  Il est également un jeune entrepreneur à succès avec plusieurs projets comme MyDesktop.com et BuyBuddy.com.

Très intéressante intervention, portant principalement sur la thématique du Web 2.0 dans un contexte d'engagement dans l'apprentissage.  Bien sûr, plusieurs des participants connaissent déjà le Web 2.0, mais son scénario est très bien monté et limpide. 

Je ne sais pas encore si ses diapositives seront disponibles à quelque part, mais je retiens particulièrement sa mise en contexte de départ :

"Today's Education system faces irrelevance unless we bridge the gap between how students live and how they learn".  Irrelevance.  C'est fort.  Mais c'est vrai.  Qu'en pense Michelle Courchesne ?

Il cite en exemple le programme Generation Tech, qui "règle" le problème du support technique dans les écoles par... les élèves eux-mêmes !  "Engage students in your technology plan in supporting teachers use of technology".  "Over 54% of all schools report using students to help maintain technology infrastructure. Students can be valuable assets in the face of staffing cuts and high personnel turnover, providing on-site, reliable service to relieve time-starved teachers and overworked technology staff."

Michael présente la superbe vidéo de Michael Wesch que plusieurs ont déjà vue au sujet du web 2.0 (en réalité, 3 millions d'entre nous !).

Par la suite, il présente les exemples classiques issus du Web 2.0, en plus de mentionner quelques exemples plus récents : Twitter (où on retrouve les allées et venues de Barack Obama !), FaceBook et Digg.

Il termine avec un exemple pratique de classe partagée pour permettre à tous les participants (avec leurs laptops) de pratiquer un peu...  sur le système de TakingITGlobal.

Un jeune homme (aïe, c'est moi qui dis ça !) très intéressant...  à suivre !

07 mai 2007

Le demi-marathon international de Québec 2007 : un succès !

Ce week-end avait lieu le demi-marathon international de Québec.  Quel événement fascinant !  Des milliers des personnes quittant le Domaine Maizerets à la course pour 10, 21,1 ou 30 kilomètres.  Les enfants qui en ont le courage peuvent aussi tenter leur chance au 3 kilomètres.  Bref, des gens partout, des enfants, des poussettes.  La température aidant, l'événement fut couronné de succès. 

Pour ma part, j'y prenais part pour le plaisir de courir, pour l'aspect motivation qu'il revêt, motivation à courir, motivation à se dépasser, et motivation à battre mon temps du demi-marathon de 2004.  Mission accomplie : 1h42.  J'ai 'ravi' la 126e place ;-) sur près de 500.  Bon, d'accord, ce n'est pas encore top, mais c'est une nette progression par rapport à 2004 : 1h53 pour la 359e place. 

Durant les 10 derniers kilomètres, l'énergie revient, le pas s'accélère.  Et quel plaisir de courir alors le long du fleuve St-Laurent sur la piste cyclable.  Ce qui m'est venu en tête à ce moment, c'est comment pouvons-nous associer ce besoin de dépassement aux jeunes à travers des communautés virtuelles ?  Des concours ?  Des concours pour canaliser le besoin de dépassement, dépassement dans l'écriture, le sport, le dessin, ... ? 

Dans une future édition, et dans l'esprit d'une cité éducative, des activités plus développées pour les enfants seraient sans doute intéressantes.  Il y a des centaines d'enfants sur place, mais, à part l'événement sportif qui leur est destiné, il y a peu d'installations pour les touts-petits. 

Prochaine étape : Paris-Versailles.

12 février 2007

Le Québec toujours pas une référence en gastronomie ?

Une opinion qui fait réfléchir dans Le Devoir de ce week-end.  Je ne connais sans doute pas suffisamment le "milieu de la restauration", mais en simple client, pourtant très critique, j'ai l'impression de très bien manger à Montréal.  La fermeture de restaurants n'est-elle pas tout à fait normale et le fruit d'une écologie qui s'opère naturellement, parfois injustement sans doute.  Je serais curieux d'entendre les conards confits sur le sujet.

Je retiens toutefois que "l'éducation passe aussi par la table"...  ;-)  Et que j'avais l'intention d'aller au restaurant Anise ce week-end, mais que ça semble fermé ?

01 février 2007

Une nouvelle version de l'infobourg pour la France

J'attire votre attention sur la nouvelle version de l'infobourg : www.infobourg.fr.  Poursuivant la tradition de l'infobourg québécois, l'infobourg français proposera des actualités en éducation à la manière d'une agence de presse pédagogique.  C'est principalement Lucile Donnat, de notre équipe parisienne, qui rapportera des initiatives pédagogiques intéressantes, visitera des congrès, enquêtera.  Je vous invite à commenter les articles, à compléter les informations, à amener des points de vue afin d'en faire un outil interactif et communautaire !

La communauté Inspiration veut prendre son envol

La communauté des utilisateurs d'Inspiration www.inspirationaucollege.com a été mise en place l'automne dernier.  Vous pourrez constater en la visitant qu'elle n'a pas encore pris son envol.  J'ai décidé d'y investir du temps prochainement afin d'en faire un succès, non seulement au plan de son animation, mais également au plan de ses fonctionnalités.

Dans une discussion avec un éminent collègue (merci Clément !), nous venions notamment à la conclusion que la communauté, telle qu'elle est aujourd'hui, n'amène pas aux utilisateurs une motivation suffisante à son utilisation courante.  Nous avons donc résolu d'y ajouter une fonctionnalité permettant de se créer un espace personnel - privatif ou non - afin de pouvoir y déposer des schémas - et d'y accéder facilement ou donner accès à des collègues ou élèves, notamment par un outil de recherche par mots-clés à l'intérieur des schémas.

Je sollicite vos commentaires et idées sur cette communauté afin d'en faire, dans le premier trimestre 2007, un succès.

06 janvier 2007

Colloque TICE en Belgique : privé vs public

Récemment, mon collègue Baudouin Branders nous faisait part du colloque Applications pédagogiques des nouvelles technologies.  Dans un échange de courriels, Baudouin m'informait de la décision de la communauté française à l'effet que les "sociétés commerciales ne sont pas invitées au colloque". 

Dans le contexte où un énorme marché de 60 millions d'€ est en route pour notamment équiper toutes les implantations wallonnes de 1 ordinateur pour 15 élèves, il m'aurait semblé essentiel, primordial, qu'on donne l'opportunité aux enseignants de voir ce que l'ensemble des acteurs de ce marché - publics comme privés - peut offrir.  Ouvrir les murs permettrait d'amener à vous une série d'acteurs intéressants, que ce soit pour des logiciels, des contenus, des tableaux blancs, des ordinateurs et même, de contribuer au financement de votre colloque !  Après, le choix réside toujours entre les mains des clients.

De plus, un décret vient d'être passé au sujet de l'agrément de logiciels scolaires.  La présence d'éditeurs et de constructeurs apparaît donc tout à fait compatible avec l'ensemble des politiques mises en place.

On dit que les sociétés commerciales ne sont pas "invitées", mais devrions-nous plutôt lire qu'on n'offrira pas d'espace d'exposition aux sociétés commerciales ?  De Marque participerait sans doute au colloque à titre de participant, si tant est que nous n'y sommes pas persona non grata...

L'objectif n'est pas ici de tirer sur le messager, Baudouin, bien au contraire, mais plutôt d'amener la discussion sur cette apparente peur historique de la société privée dans l'éducation... 

21 décembre 2006

Tintin a 100 ans

Le monde entier fête cette année les 100 ans de Tintin.  Le Devoir rapportait hier l'ouverture d'une exposition en son honneur au Centre Pompidou à Paris.

J'ai dû lire des dizaines, si pas des centaines de fois chacun des albums de Tintin.  Quel impact ça a pu avoir sur ma personnalité et celle de millions d'enfants, petits et grands, qui l'ont lu ?  Chose certaine, plusieurs traits de son caractère m'ont profondément marqué : sa fougue, son intelligence, son côté globe-trotter, sa persévérance...  et puis il faut reconnaître qu'il avait un côté un peu baveux...   Faudrait que je les relise.  Il me manque !

Michel Morin (oui oui, l'ancien du FM93) lançait récemment le CD En avant la musique, un recueil des chansons qui ont marqué les 24 albums de Tintin.  Moi qui croyais que ces chansons sortaient du génie de Hergé (non, je n'ai pas connu ces années-là !).  Je pensais que l'air des bijoux de la Castafiore et Quand mon auto fait boum étaient de pures créations d'Hergé.  Mais bon, je ne lui en veux pas outre mesure.

Le Musée de la Civilisation vous propose jusqu'au 6 janvier l'exposition Au Pérou avec Tintin.  Je me propose d'aller la voir durant le temps des Fêtes.  À suivre.

Mon futur fils prendra-t-il autant de plaisir que moi à lire les Tintin ?

20 décembre 2006

300 ans de manuels scolaires au Québec

Ce n'est pas tout à fait récent (le communiqué date du 13 novembre 2006), mais j'ai reçu la semaine dernière en cadeau le livre "300 ans de manuels scolaires au Québec" et j'ai également eu la chance de voir l'expo à la Bibliothèque nationale du Québec

C'est d'abord un travail extraordinaire sous la direction de Paul Aubin, mais c'est aussi très, très, très intéressant et divertissant. 

L'exposition et livre ne prétendent pas faire l'histoire du manuel scolaire, mais "proposent plutôt d'illustrer certains aspects de son histoire au Québec en évoquant la place du manuel scolaire dans la société québécoise".

On y apprend notamment l'existence de deux best-sellers: le Nouveau traité des devoirs du chrétien envers dieu, réédité plus de 60 fois entre 1841 et 1904, et un autre livre intitulé Explication littérale et sommaire du catéchisme de Québec, tiré à plus de 1,035 million d'exemplaires !

On y retrouve un chapître complet sur l'évolution des méthodes de lecture: "Du déchiffrage à la compréhension, 180 ans de méthodes et de manuels de lecture".  Intéressant et instructif.

Plus près de nous, on réalise que le système d'approbation de manuels scolaires remonte à 1964, même si avant, un système similaire plus informel existait.  On y parle également brièvement du Petit manuel d'histoire du Québec, que je n'ai malheureusement pas connu.  J'aurais aimé y retrouver le superbe Canada-Québec de Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, mais c'est vrai que ce n'était pas un manuel scolaire à proprement parler (corrigez moi?).

Un chapître très intéressant est consacré aux "multiples formes de manuels scolaires": cartes, tableaux de lecture, tableau stéréométrique, etc.  "Ont été passées sous silence toute une panoplie d'autres aides matérielles à la disposition des professeurs : diapositives sur verre avec leurs projecteurs, films fixes, instruments de musique, etc.  Encore plus négligés des historiens, si possible, que les manuels, ces outils pédagogiques offrent un vaste et encore inexploré champ de recherche."  En 2006, on n'a malheureusement pas eu un mot sur la place des technologies en éducation comme "multiple forme de manuel scolaire".  Et pire, lorsqu'on parle d'autres formes, on ne les nomme pas.  M'enfin.

J'ai été très heureux de lire à de multiples occasions au sujet de Beauchemin (reprise récemment par Chenelière Education), un éditeur qui a grandement contribué à façonner la petite histoire du manuel scolaire au Québec.

J'aurais aimé y retrouver une plus grande place sur l'histoire économique plus actuelle, mais je comprends que ce n'était pas le but ni de l'exposition, ni du livre.

Bref, une exposition à ne pas rater (même avec les grands enfants) et un superbe livre de qualité, largement illustré, à placer sous l'arbre de Noël des passionnés d'éducation.